Blanchon
24/12/2004, 10h38
Conseil d’un imbécile
Ayant acquis une certaine expérience dans l’embourbage de motoneige, j’aimerais faire partager mon expérience à ceux qui ont aussi tendance à être imbécile de temps à autre. Ces conseils ne peuvent vous êtres utiles que si vous considérez votre embourbage comme une erreur (votre erreur !). Ils visent d’une part à éviter ces erreurs et d’autre part à se sortir du pétrin.
Les conseils suivants s’adressent essentiellement à ceux qui roulent seul et possède une machine de sentier plutôt lourde. Propriétaire de Tundra, ce texte n’est pas pour vous.
1- Comment éviter de s’embourber dans la neige ?
a) en restant dans le sentier, évidemment
b) en arrêtant et en analysant la situation lorsque vous avez perdu la trace du sentier. Ne tentez pas de sonder le terrain avec votre motoneige (erreur commune). Si celle-ci est sur le dur, elle doit y demeurer. Descendez et inspecter à pied.
c) Évitez de rouler trop vite. Les journées nuageuses lorsque les reliefs du sentier sont peu perceptibles et les balises discrètes. On a une tendance naturelle et logique à continuer tout droit alors que le sentier peut présenter une courbe prononcée. Résultat : dans le décor, à 50 pieds du dur, caler jusqu’au appuie pieds!
d) Lors d’une sortie de piste du genre, surpris de ce qui leur arrive, plusieurs personnes auront tendance à relâcher l’accélérateur. Erreur fatale! Seule la vitesse peut vous sortir de cette situation, alors clancher plutôt que de modérer.
2- Est-il possible de s’embourber dans le sentier ?
Réponse : Oui. J’y suis arrivée deux fois dans la même randonnée. En terrain dégagé, lorsque le vent crée des congères de neige ou dans les bancs de neige de traverses.
3- Que faire lorsque vous êtes embourbé ?
Mise en situation : Vous êtes seul, la vie est belle et vous roulez bon train sur un sentier en bordure d’un champ. Au loin vous apercevez un monticule de neige. À l’approche du banc de neige vous ralentissez, finalement le banc de neige et plus gros de proche que de loin, vous ralentissez encore. Debout sur les appuie pied vous sonder le terrain du museau, la machine toujours en marche vers le gros banc de neige. Vous rentrer dedans sans trop de vitesse vous venez de comprendre finalement qu’il y a pas mal de neige, vous clanchez, il est trop tard. Vous constater que l’accélérateur ne fait que déplacer votre engin dans un axe verticale alors que vous désirez vous déplacez vers l’avant dans l’autre axe (l’horizontale). Vous paniquez un peu. Vous clanchez encore plus car, il s’agit de la seule action possible dans les circonstances pour donner libre cours à votre frustration. Vous vous dites que c’est impossible, que le king que je suis ne peut se prendre dans la neige avec sa puissante machine acheter à fort prix pour épater le voisinage et la parenté dans le temps des fêtes. Vous clancher de plus belle.
Résigné et penaud, vous constater que votre belle machine arbore maintenant un deux tons dont la partie inférieur du cab est blanc neige! La rage vous prend et vous tentez de fracasser votre casque contre un arbre. Malheur (ou par chance), il n’y a pas d’arbre à proximité! D’un regard furtif vous tenter de repérer un arbre atteignable en projetant toujours le même casque dont vous ne savez que faire. Ici permettez moi d’intervenir. Prenez le temps de réfléchir 2 minutes (5 minutes dans le cas d’un BV2S considérant le coût d’achat) avant de projeter votre casque. N’oubliez pas que vous aurez à reprendre la route une heure ou deux après vous être sorti de votre impasse. Votre casque vous sera alors fort utile.
4- Les opérations
A- Analysez bien la situation. Repérer les endroits durs les plus près de votre machine. Si vous avez une marche arrière, considérer cette option pour atteindre l’espace dur tant recherché dans ces moments troubles de votre vie de motoneigiste. L’objectif est de créer une situation qui permettra à votre machine de prendre de la vitesse.
B- Pelleter. Déterminer de quels côtés (avant, arrière, à gauche, à droite) vous aller dégager la neige. Choisissez le côté qui vous permettra d’atteindre le dur le plus efficacement. Pelleter en conséquence. Dégager toute la neige autour des skis, devant le pont sous la machine et dans le pont. Votre machine sera plus légère à soulever. N’oublier pas que c’est la neige qui empêche votre bolide d’avancer.
C- La sortir du trou. On sort les gros bras. Évidemment on allège l’engin au maximum. Exit, les mitaines à Oncle Bob, la grosse chaîne, la madame ! On se positionne pour forcer. Les pieds avec un bon appui, le dos droit. Le but. Sortir votre bolide du trou. À partir de cet instant, chaque effort est comptabilisés et doit rapporter. Travailler dans la neige profonde vous fatiguera rapidement.
Ne croyez pas que vous arriverez à sortir votre machine du trou d’un seul essai. Allez y méthodiquement. On hisse puis on remplit de neige le trou sous le pont. On recommence l’opération autant de fois qu’il est nécessaire pour hisser votre machine au niveau de la surface de neige environnante. Vous pouvez utiliser une grosse branche comme levier au besoin. Piétiner des pieds un espace à proximité ou faite un tapis dur en empilant des branches.
Chaque action, chaque manœuvre doit être soupesées. La motricité de votre machine ne vous servira à rien à cette étape. Laissez la switch à off! Comme il est entendu que les mêmes actions dans les mêmes situations conduisent aux mêmes résultats, si vous tenter d’accélérer la procédure votre pont ne fera que creuser un autre trou. Comble de frustration, vous n’aurez plus votre casque sous la main pour vous défouler. Retour à la case départ. Ne faites pas l’erreur commune de travailler pendant 25 minutes pour retomber dans le même trou !
Dans la situation, on vous avez manqué un virage parce que vous rouliez trop lentement…Répéter les étapes A,B,C.
D- Prendre de la vitesse.
Une fois votre motoneige à la hauteur de la surface de neige environnante, dégager un chemin à l’avant de votre machine. L’objectif est de prendre de la vitesse. Enlever la neige, piétiner là, mettez des branches sur une longueur suffisante pour atteindre une vitesse qui vous permettra d’atteindre le sentier. Ne pensez pas atteindre le sentier en dégageant 4 pieds devant l’engin si vous êtes dans le décor à 50 pieds du sentier. Pensez à tous les efforts déployés pour hisser votre motoneige du trou et dites vous qu’il serait dommage d’y retourner 4 pieds plus loin.
E- Retrouver l’humeur
Vous êtes sorti du trou. Bravo ! Dites-vous que c’est l’hiver tant attendu, que vous faites ce que vous aimez le plus. Préparez des explications (autres que la vérité) pour ceux qui vous attendent, ainsi vous ne serez pas pris au dépourvu devant les gens qui questionnent votre retard.
Ayant acquis une certaine expérience dans l’embourbage de motoneige, j’aimerais faire partager mon expérience à ceux qui ont aussi tendance à être imbécile de temps à autre. Ces conseils ne peuvent vous êtres utiles que si vous considérez votre embourbage comme une erreur (votre erreur !). Ils visent d’une part à éviter ces erreurs et d’autre part à se sortir du pétrin.
Les conseils suivants s’adressent essentiellement à ceux qui roulent seul et possède une machine de sentier plutôt lourde. Propriétaire de Tundra, ce texte n’est pas pour vous.
1- Comment éviter de s’embourber dans la neige ?
a) en restant dans le sentier, évidemment
b) en arrêtant et en analysant la situation lorsque vous avez perdu la trace du sentier. Ne tentez pas de sonder le terrain avec votre motoneige (erreur commune). Si celle-ci est sur le dur, elle doit y demeurer. Descendez et inspecter à pied.
c) Évitez de rouler trop vite. Les journées nuageuses lorsque les reliefs du sentier sont peu perceptibles et les balises discrètes. On a une tendance naturelle et logique à continuer tout droit alors que le sentier peut présenter une courbe prononcée. Résultat : dans le décor, à 50 pieds du dur, caler jusqu’au appuie pieds!
d) Lors d’une sortie de piste du genre, surpris de ce qui leur arrive, plusieurs personnes auront tendance à relâcher l’accélérateur. Erreur fatale! Seule la vitesse peut vous sortir de cette situation, alors clancher plutôt que de modérer.
2- Est-il possible de s’embourber dans le sentier ?
Réponse : Oui. J’y suis arrivée deux fois dans la même randonnée. En terrain dégagé, lorsque le vent crée des congères de neige ou dans les bancs de neige de traverses.
3- Que faire lorsque vous êtes embourbé ?
Mise en situation : Vous êtes seul, la vie est belle et vous roulez bon train sur un sentier en bordure d’un champ. Au loin vous apercevez un monticule de neige. À l’approche du banc de neige vous ralentissez, finalement le banc de neige et plus gros de proche que de loin, vous ralentissez encore. Debout sur les appuie pied vous sonder le terrain du museau, la machine toujours en marche vers le gros banc de neige. Vous rentrer dedans sans trop de vitesse vous venez de comprendre finalement qu’il y a pas mal de neige, vous clanchez, il est trop tard. Vous constater que l’accélérateur ne fait que déplacer votre engin dans un axe verticale alors que vous désirez vous déplacez vers l’avant dans l’autre axe (l’horizontale). Vous paniquez un peu. Vous clanchez encore plus car, il s’agit de la seule action possible dans les circonstances pour donner libre cours à votre frustration. Vous vous dites que c’est impossible, que le king que je suis ne peut se prendre dans la neige avec sa puissante machine acheter à fort prix pour épater le voisinage et la parenté dans le temps des fêtes. Vous clancher de plus belle.
Résigné et penaud, vous constater que votre belle machine arbore maintenant un deux tons dont la partie inférieur du cab est blanc neige! La rage vous prend et vous tentez de fracasser votre casque contre un arbre. Malheur (ou par chance), il n’y a pas d’arbre à proximité! D’un regard furtif vous tenter de repérer un arbre atteignable en projetant toujours le même casque dont vous ne savez que faire. Ici permettez moi d’intervenir. Prenez le temps de réfléchir 2 minutes (5 minutes dans le cas d’un BV2S considérant le coût d’achat) avant de projeter votre casque. N’oubliez pas que vous aurez à reprendre la route une heure ou deux après vous être sorti de votre impasse. Votre casque vous sera alors fort utile.
4- Les opérations
A- Analysez bien la situation. Repérer les endroits durs les plus près de votre machine. Si vous avez une marche arrière, considérer cette option pour atteindre l’espace dur tant recherché dans ces moments troubles de votre vie de motoneigiste. L’objectif est de créer une situation qui permettra à votre machine de prendre de la vitesse.
B- Pelleter. Déterminer de quels côtés (avant, arrière, à gauche, à droite) vous aller dégager la neige. Choisissez le côté qui vous permettra d’atteindre le dur le plus efficacement. Pelleter en conséquence. Dégager toute la neige autour des skis, devant le pont sous la machine et dans le pont. Votre machine sera plus légère à soulever. N’oublier pas que c’est la neige qui empêche votre bolide d’avancer.
C- La sortir du trou. On sort les gros bras. Évidemment on allège l’engin au maximum. Exit, les mitaines à Oncle Bob, la grosse chaîne, la madame ! On se positionne pour forcer. Les pieds avec un bon appui, le dos droit. Le but. Sortir votre bolide du trou. À partir de cet instant, chaque effort est comptabilisés et doit rapporter. Travailler dans la neige profonde vous fatiguera rapidement.
Ne croyez pas que vous arriverez à sortir votre machine du trou d’un seul essai. Allez y méthodiquement. On hisse puis on remplit de neige le trou sous le pont. On recommence l’opération autant de fois qu’il est nécessaire pour hisser votre machine au niveau de la surface de neige environnante. Vous pouvez utiliser une grosse branche comme levier au besoin. Piétiner des pieds un espace à proximité ou faite un tapis dur en empilant des branches.
Chaque action, chaque manœuvre doit être soupesées. La motricité de votre machine ne vous servira à rien à cette étape. Laissez la switch à off! Comme il est entendu que les mêmes actions dans les mêmes situations conduisent aux mêmes résultats, si vous tenter d’accélérer la procédure votre pont ne fera que creuser un autre trou. Comble de frustration, vous n’aurez plus votre casque sous la main pour vous défouler. Retour à la case départ. Ne faites pas l’erreur commune de travailler pendant 25 minutes pour retomber dans le même trou !
Dans la situation, on vous avez manqué un virage parce que vous rouliez trop lentement…Répéter les étapes A,B,C.
D- Prendre de la vitesse.
Une fois votre motoneige à la hauteur de la surface de neige environnante, dégager un chemin à l’avant de votre machine. L’objectif est de prendre de la vitesse. Enlever la neige, piétiner là, mettez des branches sur une longueur suffisante pour atteindre une vitesse qui vous permettra d’atteindre le sentier. Ne pensez pas atteindre le sentier en dégageant 4 pieds devant l’engin si vous êtes dans le décor à 50 pieds du sentier. Pensez à tous les efforts déployés pour hisser votre motoneige du trou et dites vous qu’il serait dommage d’y retourner 4 pieds plus loin.
E- Retrouver l’humeur
Vous êtes sorti du trou. Bravo ! Dites-vous que c’est l’hiver tant attendu, que vous faites ce que vous aimez le plus. Préparez des explications (autres que la vérité) pour ceux qui vous attendent, ainsi vous ne serez pas pris au dépourvu devant les gens qui questionnent votre retard.